Le voyage métropolitain est un laboratoire de médiation territoriale à échelle francilienne qui, par l’organisation d’explorations pédestres collectives, a pour objectif de contribuer activement à la construction d’un récit métropolitain commun et partagé

 

En offrant aux participants (habitants, associations, élus, professionnels, visiteurs, étudiants, experts, curieux, etc.) le temps et l'espace pour raconter et partager leurs perceptions et expériences du territoire, les voyages créent des narrations en lien étroit avec les lieux habités de la métropole. D'une durée d'un ou deux jours, ces voyages invitent à la curiosité et mettent l'accent sur l'importance d'être sur place ensemble pour mieux comprendre. En arpentant et en se racontant les territoires, qu'ils soient lointains ou proches, connus ou méconnus, notre perception change et nous élargissons, chacun à sa manière, nos horizons afin de construire une nouvelle géographie mentale de la métropole.

 

Au-delà de l'outil de médiation et de l'espace d'expression ouvert à tous, Le voyage métropolitain se veut un acteur actif de la fabrique métropolitaine : les trajectoires des explorations pédestres questionnement la fragmentation socio-spatiale, fonctionnelle, administrative et représentative et introduisent une continuité là où les frontières spatiales, administratives ou symboliques font barrière. La traversée à échelle humaine et la (re)découverte de lieux inconnus permettent de mieux comprendre la complexité et l'épaisseur de ce qui nous entoure. La rencontre, le débat collectif et la mise en réseau des acteurs font des voyages de véritables espaces publics pédestres. Pas à pas, de rencontre à rencontre, lentement mais sûrement, une représentation plus cohérente et intégrative de l'espace métropolitain émerge. 

 

Le voyage métropolitain n'est ni un projet urbain, paysager, sociologique, touristique, architectural, participatif ou artistique - mais tout à la fois. A la croisée des disciplines, le projet propose une expérience corporelle de l’espace qui construit une autre façon de voir et de vivre la métropole. C'est ce qu'implique la géographie, au sens premier du terme, c'est-à-dire une écriture de la terre : en nous déplaçant dans l'espace, nous construisons et transformons en permanence notre perception du territoire et participons donc à sa production. Car le territoire est toujours fait de sa matérialité (les batîments, les champs, les rues, ...), de l'expérience subjective que nous en faisons et de l'importance collective que la société attribue à certains espaces (ou pas). Il suffit donc d'un peu de curiosité et d'attention à notre environnement pour produire une autre métropole. Le voyage métropolitain cultive cette attitude. 

 

Au fil des voyages, nous expérimentons différentes formes d'intervention, de transmission de connaissances et de restitution des territoires traversés. Ce laboratoire pédestre, ouvert à toute forme de contribution (écrite, sonore, photgraphique, graphique, etc.), permet de rendre compte de l'expérience des explorations. Sur ce site, en construction permanente, le visiteur peut donc naviguer à travers la diversité des espaces qu'offrent les périphéries de la métropole parisienne.  

 

 

ORGANISATION

 

Notre démarche se veut à la fois participative, experte, sensible, ludique, poétique et pédagogique. Ainsi, notre collectif agit sur trois niveaux afin d'écrire un récit métropolitain partagé : 

 

- organisation mensuelle d’explorations collectives à échelle métropolitaine (entre 15km et 20km). Ces voyages peuvent s'étendre sur deux jours et impliquent une nuitée.

 

 - mise en place d'une plateforme de restitution des voyages ouverte aux participants. Cette restitution peut passer par différents médias (écrits, sons, dessins, photographies, etc.) et est visible sur ce site. 

 

- création d'un lieu de réflexion, d’échange et de recherche sur la marche et les dynamiques des territoires traversés

 

 

« Le véritable voyage

de découverte

ne consiste pas

à chercher

de nouveaux paysages mais à avoir

de nouveaux yeux. » 

 

Marcel Proust, A la recherche du temps perdu